Les programmes émergents

Programme 2 / WP3

Potentialisation des anticorps monoclaux pour le traitement de patients atteints de cancer
Pr Charles Dumontet – Equipe Anticorps Anticancer

Les anticorps monoclonaux sont de plus en plus largement utilisés en cancérologie, que ce soit pour le traitement de maladies sanguines telles que les lymphomes malins ou différents cancers tels que le cancer du sein ou le cancer du colon.

Ces molécules produites par génie génétique sont habituellement bien mieux tolérées que la chimiothérapie et peuvent être associées à cette dernière. Le mécanisme d’action est encore mal compris et fait probablement appel d’une part à un effet direct des anticorps sur les cellules cancéreuses et d’autre part au recrutement du système immunitaire du patient pour détruire les cellules cancéreuses.

Dans le cadre du projet soutenu par le LYric notre équipe, Anticorps Anticancer, vise à renforcer l’effet du système immunitaire afin de renforcer l’effet anticancéreux des anticorps monoclonaux. Pour cela nous analysons les relations entre les différentes cellules du système immunitaire et les anticorps. Nous évaluons la possibilité de stimuler certains types de globules blancs afin de les rendre plus actifs contre les cellules tumorales.

Nos premiers résultats obtenus dans des modèles précliniques sont prometteurs et pourraient déboucher sur des études cliniques chez l’homme à brève échéance.



Programme 2 / WP3

Analyse des réponses tumorales et immunitaires dans les syndromes paranaéoplastiques : une réponse immunitaire anti-tumorale efficace
J. Honnorat

Les dégénérescences cérébelleuses paranéoplasiques (DCP) sont des syndromes neurologiques rares associés au cancer. Les DCP sont principalement observées chez des femmes atteintes de cancers du sein ou de l’ovaire. Ces femmes présentent des auto-anticorps circulants appelés anti-Yo qui reconnaissent un antigène, appelé CDR2, exprimé à la fois par des neurones cérebelleux et par les cellules tumorales. L’évolution tumorale chez ces patientes semble être plus indolente que le même type de tumeur chez des patientes sans DCP. Cette observation pourrait s’expliquer par la réponse immunitaire dirigée contre le CDR2 exprimé par la tumeur. Les mécanismes moléculaires responsables de cette réponse immunitaire anti-tumorale naturelle ne sont pas connus et pourraient être liés à l’expression tumorale de gènes particuliers ou à une réponse immunitaire spécifique. Notre objectif est de caractériser les cancers ovariens associés aux anti-Yo.

Nous avons recueilli 26 échantillons de tumeurs de l’ovaire chez des patientes atteintes de DCP avec anti-Yo. Nous nous sommes servi de la base de données du Centre de référence français sur les syndromes neurologiques paranéoplasiques. Les échantillons sont conservés par le Centre Léon Bérard. Notre projet est de caractériser ces cancers de l’ovaire sur le plan génomique et moléculaire et d’étudier la réponse immunitaire au sein de ces tumeurs par immunohistochimie. Ces résultats seront comparés à un groupe témoin de 52 cancers de l’ovaire.


Programme 3 / WP4 : Traitement local assisté par imagerie

Ce programme émergent du programme de recherche de Traitement local assisté par imagerie vise à développer un traitement innovant et non invasif des tumeurs hépatiques par HIFU.

En s’appuyant sur les travaux précliniques réalisés sur le traitement des métastases hépatiques de cancers colorectaux par HIFU, nous cherchons à proposer une méthodologie de traitement complètement extracorporelle, c’est-à-dire ne nécessitant pas d’intervention chirurgicale, ni de ponction. Une des applications privilégiée est le traitement des tumeurs primitives du foie (carcinome hépatocellulaire). Le traitement sera guidé par l’imagerie ultrasonore qui permet le repérage de la zone à traiter, le suivi des mouvements en temps réel et la visualisation précise de l’effet induit. Un premier dispositif HIFU a été développé sur ce principe. Des essais in vitro préliminaires confirment la faisabilité d’un traitement du foie complètement non-invasif.


Sciences humaines et sociales, en partenariat avec le Centre international de recherche contre le cancer (CIRC)

Le cancer du testicule est le cancer le plus fréquent dans les pays industrialisés pour la population masculine âgée de 15 à 44 ans. Même si l’étiologie est peu connue, l’augmentation rapide d’incidence des 30 dernières années, les variations géographiques entre pays voisins et l’évolution d’incidence chez les migrants mènent à suggérer une origine environnementale. De plus, une hypothèse récente inclue le cancer du testicule comme étant part du syndrome de dysgénésie testiculaire (TDS) suggérant un impact des perturbateurs endocriniens pendant le développement intra-utérin. Cependant, peu d’études se sont concentrées sur les expositions intra-utérines étant donné les difficultés méthodologiques que cela implique.

Dans ce contexte,  le Centre Léon Bérard et le CIRC se sont associés dans le but d’investiguer les expositions professionnelles et environnementales aux pesticides et autres polluants en relation avec le risque de cancer du testicule. Trois projets d’envergure faisant l’objet de thèses sont supervisés par Joachim Schüz et Beatrice Fervers :

  • SIGEXPO : étude de validation d’un système d’information géographique visant à prédire l’exposition aux pesticides.
  • TESTIS Project: étude cas-témoins en France visant à investiguer les expositions environnementales précoces/pendant les périodes critiques et l’interaction gène-environnement avec le risque de développer un cancer germinal du testicule.
  • NORD-TEST : étude cas-témoins sur registres dans les pays scandinaves (Suède, Danemark, Norvège et  Finlande) visant à investiguer l’association entre les expositions professionnelles parentales pendant la grossesse ou avant conception avec le risque pour la descendance, de développer un cancer du testicule plus tard dans la vie.